fbpx

Bien vivre le bilinguisme

rapport au bilinguisme

Est-ce possible de bien vivre le bilinguisme au sein de sa famille, sans occasionner de retard, de tension, ni d’incompréhension entre ses membres ?

En fait, le passage d’une langue à l’autre est tellement naturel che nous que je n’avais jusqu’alors pas pensé à écrire sur le sujet…

Je suis française, mon mari espagnol et nous avons appris la langue de l’autre à force de l’étudier et de la pratiquer (donc à la méthode traditionnelle). Élever nos enfants dans le bilinguisme était pour nous une évidence.

J’avoue d’ailleurs ne pas m’être informée sur ce thème.

C’est donc en toute autonomie et en expérience libre (mode test- erreur) que nous vivons cette aventure depuis six ans maintenant !

Pourtant, l’organisation de cette joyeuse cacophonie suscite souvent des réactions autour de nous (intérêt, curiosité, doute, voire admiration).

Alors pourquoi ne pas partager notre approche ?

ÉCOUTE

On sait maintenant que l‘enfant est sensible aux sons avant même de naître et qu’il reconnaît notamment la voix de ses parents pendant la grossesse.

Il apprend par mimétisme verbal et gestuel des personnes qui lui sont proches.

D’où l’importance d’utiliser un vocabulaire riche et varié (soit ne pas parler différemment à son enfant). D’ailleurs la pédagogie Montessori, prodigue l’apprentissage par groupes de mots appelés nomenclature. Plus d’information sur l’article dédié

Lui parler dans une langue ou dans une autre a donc un impact sur son développement.

L’écoute des différents sons liés à plusieurs langues (au même que des notes de musique d’instruments variés) enrichissent le jeune enfant et l’ouvre au monde.

C’est une histoire de création de synapses (ces connexions neuronales) et de multiplication de neurones, dont les détails échappent à mon entendement.

 

RÉPÉTITION

Au cours de son apprentissage, l’enfant sera amené à répéter les sons entendus et à se lancer dans des tentatives de locution plus ou moins hasardeuses.

Il faudra donc s’armer de patience, répéter, souvent, et corriger, parfois … jusqu’au moment où les syllabes puis les mots et enfin les phrases se dessineront sous nos yeux attentifs et émerveillés.

Parlant moi-même français et espagnol, je traduisais souvent les mots dans les deux langues à mes enfants pour qu’ils les associent (couleurs, formes, animaux, etc.). Associer une deuxième langue en même temps que la première ne complique finalement pas le processus d’acquisition du langage, bien au contraire, vous économisez à votre enfants des années d’apprentissages.

Une chose est sûre, passée une période d’acquisition de mécanismes (à essayer de rendre ludique par les chansons par exemple), viendra le temps de conversations parfois bien surprenantes !

Patience

A chaque enfant son rythme d’apprentissage. Un bébé a tant à apprendre: motricité, langage, autonomie, sociabilité, etc. Peu importe l’ordre et le rythme de progression.

Le passage à la locution peut demander plus de temps et il n’y a rien d’étonnant à cela. Cela n’est d’ailleurs pas systématiquement le cas.

Je ne suis pas à faveur des comparaisons a outrance et du suivi stricte de soit-disant phases prédéterminées, le bon sens doit être utilisé. A mon avis, une simple veille de l’évolution graduelle de l’enfant et de l’absence de symptômes d’un développement anormalement lent doit juste être effectuée.

Je suggère juste de prévenir les éventuelles structures d’accueil (crèche, école, etc.) de la cohabitation de plusieurs langues à la maison. De cette façon, les éducateurs ne sont pas surpris si des mots se mélangent d’une langue à l’autre ou que l’acquisition du langage soit éventuellement un peu plus longue que chez les unilingues de la même tranche d’âge.

équilibre

L’idéal est de répartir équitablement le temps de pratique dans les deux langues.

Cela paraît logique mais cela implique des adaptations qui pourraient parfois le paraître moins.

Je m’explique. Pour avoir fait des études linguistiques, je privilégiais par défaut la pratique de la langue maternelle de chacun.  Je parlais donc en français à nos enfants et mon mari en espagnol. Or, en vivant en France et en les pré-scolarisant dans des établissements français, le déséquilibre se faisait vite sentir. L’aîné comprenait l’espagnol mais ne le pratiquait pas. 

J’ai donc décidé de repasser à l’espagnol à la maison (qui était la langue de communication privilégiée avec mon mari avant l’arrivée des enfants) et le déclic a eu lieu.

Je cite notre histoire à titre d’exemple mais il y a autant d’adaptations qu’il y a de situations et de familles. L’important est de ne pas hésiter à tester, quitte à changer de tactiques jusqu’à trouver un équilibre.

A ce jour, la cadette a grandit et elle parle en espagnol avec son frère, nous, les amis et la famille hispanophones. A côté de cela, tous deux parlent français avec les amis, les professeurs et la famille francophone. Nous n’avons à ce jour pas à déplorer de retard ou de blocage lié au bilinguisme.

 

CULTURE

Pourtant, quand une famille regroupe plusieurs nationalités avec des langues et cultures différentes, la “normalité” est souvent remise en cause et la plus basique des conversations peut revêtir des aspects inattendus.

Il se peut également que le bilinguisme soit amené de façon plus “artificielle” lorsqu’un parent veut partager sa connaissance d’une langue étrangère à son enfant ou en cas d’expatriation.

Pour moi, l’intérêt du bilinguisme ne réside pas pas “que” dans le fait de parler plusieurs langues mais aussi de s’imprégner de la culture qu’elles véhiculent: façon de penser, d’exprimer ses idées, coutumes, rythmes de vie…

D’ailleurs, cette particularité peut permettre aux enfants de transmettre une partie de leurs connaissances à leur entourage (apprendre des mots aux grands-parents, parler des traditions aux copains, etc.).

Lettres
Ce site utilise des cookies pour vous proposer une visite enrichie. En continuant, vous acceptez leur utilisation. En savoir plus sur notre politique des cookies.     ACCEPTER